Solène Delrieu : « En faisant ce travail d’introspection, on comprend mieux d’où l’on vient »
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| © Solène Delrieu, Cathédrale de Justo Gallego, Mejorada del Campo, 2023/2025, photo prise à l’Olympus AF1 |
Relation à la musique et au digging
Quel est ton premier souvenir musical ?
J’ai (re)découvert mon premier souvenir musical il y a quelques années, en visionnant les enregistrements VHS réalisés par ma mère entre 1997 et 2004. Ça date de 1998, j’ai deux ans et je feuillète les pages d’un Télérama dans le salon de la petite maison de mes parents, près du canal Saint‑Martin à Rennes. En fond sonore on entend la chanson « Là-bas », de Germaine Duparc, une biologiste et éducatrice genevoise. Elle provient de son recueil Chante, mon petit ! Jeux mimés, rondes et chansons, publié en 1951, et elle a été harmonisée plus tard, en 1991. Ses paroles m’inspirent encore aujourd’hui : « Je voudrais un bateau à moi / Un bateau petit, pas plus grand que ça / Un bateau joli en coquille de noix / Pour faire un voyage / Là-bas »…
Y a-t-il des artistes ou des groupes découvert·es à l’adolescence qui te suivent encore aujourd'hui ?
Je suis assez déconnectée de ma période « méga pop ». Mais par curiosité je suis revenue il y a quelques mois sur les titres de Tokio Hotel, quelle surprise de découvrir les physiques et esthétiques actuels de Tom et Bill Kaulitz en vrai, ça m’a fascinée. Je suis tombée sur un extrait de On n’est pas couché, que mes parents regardaient souvent à l’époque, de 2009 : Laurent Ruquier recevait le groupe sur le plateau qui comprenait aussi Éric Zemmour. Éclectique et détonnant. Ma post‑adolescence a été marquée par les musiques brésiliennes, qui sont encore très présentes dans ma vie et dans mon quotidien, et le hip hop, le disco, le funk et la house. J’ai laissé la culture hip hop derrière moi, sa découverte étant liée à un contexte et des souvenirs précis, quand je passais beaucoup de temps à Paris. Je crois que mon approche du rap a toujours été plus sociologique et linguistique qu’esthétique.
Lors de ton interview au sujet de l’hypersensibilité auditive pour le fanzine Répercussion, tu m’avais expliqué que tes goûts musicaux avaient complètement changé suite au trauma auditif que tu as subi suite à un concert. Cela demeure un sujet auquel trop peu de personnes sont sensibilisées aujourd’hui. Pourrais-tu revenir sur cet épisode et expliquer les conséquences qu’il a eu sur ta santé, ta vie quotidienne et tes goûts musicaux ?
Merci à toi d’avoir recueilli ces différents témoignages sur un sujet il faut le dire un peu tabou. Ce qui m’est arrivé il y a sept ans a été le paroxysme d’une forme de saturation auditive, dans un contexte où j’allais voir des concerts toutes les semaines, principalement de post‑punk, noise et shoegaze. J’étais branchée sur mes écouteurs au quotidien, dans la rue et dans les transports en commun. Cet événement n’a pas transformé mes goûts musicaux (ces genres me plaisent toujours beaucoup), mais il a changé mes habitudes d’écoute. Je crois que c’est à partir de ce moment‑là que je me suis tournée vers d’autres sonorités, peut‑être plus « douces » et méditatives comme l’ambient et l’électronica, marginalement le folk expérimental. Mes tympans sont toujours sensibles aux aigus et aux sons « désagréables » (les sirènes, les aboiements de chien, les cris et crissements en tout genre), même si je suis en pleine déconstruction de ce qui devrait être agréable ou pas sur le plan sonore. C’est fondamental de remettre en question la notion occidentale et hégémonique de « mélodie » et de ce qui « sonne bien », et plus largement de ce qui est de la musique et ce qui ne l’est pas (et selon qui). Une récente entrée dans ma vie est celle de la référence magistrale de Pauline Oliveros, dont la pratique de la Deep Listening cultive une dimension méditative et à la fois remet en cause structurellement le concept de « musique » comme notion absolue (et blanche). En évitant la surexposition aux bruits, on peut donc aussi trouver dans l’hyper‑sensibilité auditive une bonne raison de pratiquer une approche contemplative de nos environnements sonores, afin de les accepter, et pourquoi pas y déceler les mélodies du quotidien auxquelles on ne prête jamais attention, au lieu de les fuir en se mettant un casque sur les oreilles, avec le volume à fond.
Quel est ton souvenir de concert le plus marquant ?
C’est difficile à dire car chacun est unique en son genre et ces dernières années il y en a eu de très beaux. Astrid Sonne, Claire Rousay, Caterina Barbieri, Mabe Fratti, Valentina Magaletti et Nídia, Julmud, Sofie Birch et Antonina Nowacka, Carmen Villain, Coby Sey, Crystallmess, Aisha Devi, Gavin Bryars, Propan, Pancrace… Il y a quelques mois j’ai vu le guitariste Rafael Toral, grande figure de la scène expérimentale portugaise, c’était comme un rêve. Quand il jouait on aurait dit un oiseau.
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| © Solène Delrieu, Rafael Toral, le 1er novembre 2025 à ACME Estudio, Madrid |
Y a-t-il des artistes ou des genres musicaux auxquel·les tu es complètement hermétique ?
Le heavy metal m’horrifie un peu, je suis incapable de l’écouter…
Tu habites à Madrid depuis plusieurs années désormais. Quel·les sont tes artistes madrilènes (ou hispanophones) favori·tes, que ce soit d’aujourd’hui ou d’hier ?
Iels sont très nombreux·ses, donc je ne sais si je peux tous·tes les nommer ici, mais j’insisterai sur une découverte assez récente, celle de Violeta García, une compositrice et violoncelliste argentine située entre le dark ambient et la noise expérimentale. Je n’ai pas eu la chance de la voir en live, mais j’ai pu visionner un extrait d’une de ses performances à Zurich et ça m’a totalement tétanisée de la voir, je n’imaginais pas que l’on pouvait amener le violoncelle à de telles limites sonores et techniques. Les femmes et les dissidences ont toujours été des figures pionnières de l’histoire de l’art sonore, et il y a encore tellement à apprendre de figures disparues ou trop peu rappelées jusqu’à présent. Donc pour moi c’est hyper politique de voir une femme venant du Sud global avec ce genre de propositions, c’est comme si son corps se fondait avec l’instrument et qu’en même temps il allait le briser. C’est puissant.
Mixes
Tu as publié ton magnifique premier mix « 1 Inside, 4 Outside » fin 2023. Pourrais-tu revenir sur sa genèse et, de manière générale, sur ce qui t’a poussée à commencer à composer tes propres mixes ?
Ça me fait très plaisir
que ce mix t’ait autant plu ; il m’est très cher pour des raisons bien
spécifiques. Il y a un peu plus de deux ans, j’ai commencé à pratiquer un type
d’hypnose appelé « eïnothérapie », ou « hypnose du corps ». Au cours
des séances j’ai plusieurs fois visualisé des scènes, à la fois oniriques et
très physiques, qui m’ont beaucoup marquée. L’une d’entre elles me plaçait
assise sur une chaise en osier, face à ma mère et mes deux grand‑mères
également assises. Elles étaient toutes les trois nues et enceintes, et
portaient quelques bijoux dont j’ai hérité. Elles avaient aussi toutes à peu près une quarantaine d’années : ma grand‑mère paternelle, qui
me faisait face, portait ses cheveux bruns, courts et bouclés, ma grand‑mère
maternelle et sa longue chevelure dorée étaient à sa droite et ma mère avec son
carré roux à sa gauche. Cette séance a été tellement forte que j’ai été
incapable de l’exprimer de façon satisfaisante par l’écrit (la poésie était mon
biais d’expression principal à ce moment-là), c’est comme si elle avait été au‑delà
ou au bout des mots. J’ai donc choisi des morceaux qui rappelaient pour moi ces
images, c’était une très belle première expérience. Cette vision ne m’a jamais
quittée depuis.
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Quelles sont tes principales sources d’inspiration dans le domaine musical ? Est-ce que tu t’inspires également d’autres disciplines artistiques (littérature, cinéma, vidéo...) lorsque tu composes tes mixes ?
Ça va sûrement te paraitre très basique, mais je n’ai pas d’autre inspiration que ce que je ressens ou ce que je souhaite exprimer, et comment ces émotions peuvent être associées à ce que me font ressentir certains morceaux ou albums. En fait c’est juste que j’ai du mal à intellectualiser l’art de façon générale et plus spécifiquement mon rapport à la musique : la relation des humains à l’art c’est quelque chose de totalement différent de la notion de capital culturel et artistique, pour moi c’est émotionnel, corporel, intuitif. L’entrée d’une œuvre d’art dans ta vie c’est un lien qui se crée, c’est une sensibilité qui connecte avec une autre. C’est une rencontre, un bouleversement, les larmes qui montent aux yeux lorsque tu découvres une note, un son, un beat, une texture, une mélodie, une voix. Et c’est un monde qui s’ouvre lorsque cet élément sonore crée la brèche de l’impensé, l’insoupçonnable, là où les mots n’existent pas. Donc je me contente d’explorer ces sensations, de les délecter, de leur donner leur juste place dans les mixes que je compose et c’est pour ça que cet espace m’est si précieux, c’est un grand refuge.
Ton travail de composition sonore est profondément lié à des processus d’introspection, d’archivage et de mémoire, qu’elle soit individuelle, familiale ou collective. Pourrais-tu décrire les liens que tu entretiens avec ces éléments et la manière dont ces dernier·es t’inspirent ?
L’exploration de ces liens constitue l’une de mes sources d’intérêt principal ces derniers mois. J’aimerais vraiment approfondir la façon dont les pratiques sonores expérimentales peuvent rejoindre ou accompagner les réflexions mémorielles, à différentes échelles. Questionner la notion hégémonique de « musique » peut être articulé à des approches féministes, antiracistes et anticapitalistes, et de là permettre de (re)penser nos histoires, individuelle, familiale et aussi coloniale, qui d’une certaine façon sont intrinsèquement liées aux situations (géo)politiques locales et mondiales. J’ai la grande chance d’avoir hérité d’archives épistolaires et sonores de mes grands‑parents paternels, et j’aimerais aller plus loin dans la pratique du field recording en le mêlant à ce matériel. Après il faut dire que, comme beaucoup de gens, j’ai du mal à exprimer mes émotions et ce que je ressens au quotidien auprès des personnes qui m’entourent. Avoir ce matériel en ma possession m’invite à explorer un héritage de traumas, de violence, de colère (qui sont le gage de beaucoup d’histoires familiales, toutes plus ou moins dysfonctionnelles) dont j’ai conscience et qui est très présent dans ma gestion de certaines situations concrètes, pratiques et relationnelles. En faisant ce travail d’introspection, on comprend mieux d’où l’on vient et comment on se positionne dans le monde, et ça touche évidemment notre rapport aux autres. En le partageant, en invitant implicitement les autres à réaliser ce travail ou à les y encourager, on fait quelque chose de politique.
Parmi tous les mixes que tu as publiés, quel est celui dont le processus de composition t’a le plus marquée ?
Tous ont leur univers propre et expriment un état émotionnel ou un moment de vie que j’ai traversé, donc c’est difficile à dire, même si mon premier mix a une importance symbolique particulière. Les mixes composés dans le cadre de ma résidence à Radio Relativa sont intéressants car ce sont les premières compositions où j’arrive à mêler ces deux univers, celui du son et celui de la recherche et de l’archive. De ce point de vue ça m’ouvre un grand boulevard pour la suite. « La que desata los caballos » (« Celle qui détache les chevaux »), le dernier épisode de la saison 1, est représentatif de ce que j’aimerais continuer à composer et à penser : comment exprimer des émotions « pas belles » avec de la musique « pas belle », en allant vers des esthétiques beaucoup plus subversives, dérangeantes, celles qui permettent d’exprimer quelque chose d’innommable : la souffrance, la rage. Et en même temps c’est toujours très beau d’acter une certaine forme de réparation dans les mixes, une narration qui finit bien, un happy end, de la lumière, de l’apaisement, des oiseaux qui chantent et l’eau d’un ruisseau qui coule. Se montrer à soi‑même qu’on a le droit d’être heureuse aussi, qu’on peut se le permettre, qu’à la fin du cauchemar vient toujours le réveil, et qu’heureusement tout passe, tout a une fin.
Comment procèdes-tu pour sélectionner les morceaux qui apparaissent dans tes mixes ?
J’ai mentionné l’intuition avant et basiquement c’est vraiment ça, ça n’est pas réfléchi, pas vraiment pensé, je brasse beaucoup de musique, tous les jours, donc on repère les pépites, les ambiances sonores qui attirent l’oreille. C’est des playlists, des références qui restent là à mijoter dans un coin, des idées, et ça se fait un peu comme ça, et puis les mixes c’est comme tout, plus t’en fais plus ça roule, tout s’affine et tout est plus facile, les transitions se font bien, c’est fluide, et ça permet de laisser de plus en plus de place à l’expérimentation.
Je souhaitais également t’interroger sur tes (nombreuses) autres pratiques artistiques —écriture, vidéo, photographie… As-tu l’impression que toutes ces pratiques s’articulent à ton processus de composition musicale ou s’agit-il d’entités à part ?
L’objectif est de décloisonner un peu tout ça oui, en tout cas travailler surtout le rapport entre le texte et le son, l’explorer, m’engager ou me révéler un peu plus là‑dedans, car l’écriture a été mon médium d’expression favori pendant très longtemps. Et les possibilités de composition sont là pour le coup encore plus infinies, c’est étourdissant, il y a tellement à faire…
Quel est ton ressenti en tant que personne sexisée travaillant, créant et évoluant dans de nombreux domaines, qu’il s’agisse de l’édition, de la musique, de l’écriture ou des arts en général ?
Ce sont des domaines où
il faut se battre plus ou moins tous les jours en tant que personne sexisée et
dissidente. Comme on le sait les lieux de pouvoir symbolique sont toujours
éminemment occupés par des hommes blancs et hétéro, vieux aussi, dans les milieux
de la culture et des arts, alors que certains secteurs sont majoritairement
ultra féminins comme celui de l’édition. C’est difficile de ne pas rencontrer
ces rapports de force et de pouvoir au quotidien. Heureusement dans les grandes
villes on a la chance d’avoir certains cercles de socialisation (culturels,
créatifs, artistiques) bienveillants et chaleureux, mais ça n’empêche pas que le
système capitaliste ronge ces milieux a
priori plus « déconstruits » ou « alternatifs ». Je
crois qu’une barrière est franchie à partir du moment où on quitte
l’associatif, le bénévolat, l’indépendance, l’auto-financement. Quand un projet
intègre une dynamique de marché, peu importe son échelle, sur le plan éthique
il y a forcément quelque chose qui est perdu, sacrifié, ou vendu.
Édition, écriture et traduction
Existe-t-il des liens entre ton travail d’éditrice et de correctrice et toutes tes activités artistiques et musicales ou considères-tu ces éléments comme deux activités distinctes ?
Le milieu de l’édition dans lequel j’évolue est d’une certaine façon très peu créatif : c’est l’édition scientifique, les sciences humaines et sociales, donc oui certains contenus peuvent être relatifs aux arts mais leur forme est rigoureuse, elle répond à des normes très exigeantes. C’est le monde des grandes institutions, de l’académie… C’est très hiérarchique, très technique aussi. Mais cette technicité ne me déplait pas du tout, je pense que d’une certaine façon elle structure mon bordel intérieur, ça me cadre que mes projets éditoriaux soient cadrés, qu’ils m’éloignent pendant un moment des affects, des émotions (bien trop encombrants chez moi), bien que leur grande complexité ne m’aide pas vraiment à faire de l’air parfois. Mais bon, certaines parties du processus éditorial et leur « automatisme » me permettent d’écouter de la musique pendant des heures et des heures, donc en un sens ces deux parties de moi sont connectées, complémentaires même.
Quand as-tu commencé à écrire des textes et quelles sont tes thématiques de prédilection dans ce domaine ?
Mon rapport à l’écriture n’a jamais été très structuré, très sérieux, il n’y a jamais eu de thématiques de prédilection, c’est toujours venu de la nécessité impérieuse d’exprimer quelque chose, de le sortir de moi sinon j’explose. L’écriture elle est toujours venue et repartie comme ça, sans rien dire ni prévenir, je n’ai jamais essayé d’ancrer cette pratique, car l’ancrer ça reviendrait à la canaliser, en faire une habitude ou lui imposer une rigueur et ça la gâcherait, ce serait moche. Les seules fois où j’ai essayé c’était moche. Comme la musique c’est un espace où je m’autorise à être moi, je ne me juge plus, je déverse tout. Je m’en fous de ce que les autres pourraient penser, je m’en fous de faire les choses bien. Il n’y a rien de plus libérateur que ça, et d’ailleurs généralement quand je relis des textes qui m’ont beaucoup marquée, je ne sais pas comment je les ai écrits, je ne comprends pas comment j’ai trouvé ces images, ces métaphores, ces ambiances. Et en vrai quand on y pense c’est tellement beau de ne pas comprendre…
Pourrais-tu nous parler de ton activité de traductrice, notamment dans le cadre de la traduction en espagnol du Visage effleuré de peine de Gisèle Prassinos, paru aux éditions Libros de la Ballena en 2023 sous le titre El rostro tocado por la pena ? Y a-t-il un livre que tu rêverais de traduire un jour, que ce soit en espagnol, en français ou en anglais ?
Mon activité de traductrice est très limitée, vraiment loin de moi aujourd’hui, mais j’ai beaucoup aimé cette pratique. L’aventure avec Prassinos c’était celle de récupérer le texte sublime d’une autrice et artiste sublime, disparue et effacée par l’historiographie comme tant d’autres. Il y a eu un certain sentiment de justice, une fierté par rapport à ça. Il y a tellement de perles comme le Visage perdues dans les limbes, il y a encore tellement à faire. Depuis quelques semaines j’attends avec émotion que Constance Debré soit traduite à l’espagnol, à voir quelle est son entrée sur le marché de l’édition hispanique, ce qu’elle provoquera, questionnera, soulèvera, défoncera. En tant que « traductrice », ses textes sont absolument hors de ma portée : c’est une curiosité de lectrice transie, subjuguée.
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Quels sont tes projets en cours et pour les prochains mois ?
Je ne sais pas si ce sont des projets, mais en tout cas des désirs. J’ai acquis une machine très chouette, un VONYX CDJ450, et je n’ai aucune connaissance technique du DJing à part monter des morceaux ensemble sur GarageBand, genre DIY très premier degré. J’adore être DIY mais j’ai aussi très envie d’apprendre et de m’imposer une certaine rigueur par rapport à ça, car je me suis très souvent auto‑annulée sur le plan créatif en pensant que j’étais per se mauvaise (classique). J’ai aussi acheté un enregistreur Sony pour le field recording, tout simple. J’aimerais récupérer un jour le vieux magnétophone à bande de mon grand‑père, un très bel objet qui compte beaucoup pour moi. Et puis continuer la résidence à Radio Relativa, me centrer sur mes projets d’édition, me laisser le temps d’explorer tout ça.
Si tu ne devais écouter qu’un seul album pour l’éternité, lequel choisirais-tu ? Et je suis tentée de te poser la même question avec un livre et un film…
C’est très compliqué… Pour l’album, sûrement un mélange entre Shifts de Shida Shahabi, Endlessness de Nala Sinephro, 2nd Draft de Celia Hollander et Après coup de Laurie Torres (que tu m’avais fait découvrir). Pour le livre, c’est très classique je sais, mais j’ai grandi sur la planète du Petit Prince avec sa jolie rose sous cloche… Et pour le film, sûrement un de ceux d’Agnès Varda ? Désolée de ne pas savoir choisir !
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| © Solène Delrieu, Cathédrale de Justo Gallego, Mejorada del Campo, 2023/2025, photo prise à l’Olympus AF1 |
⋆˚꩜。
Retrouver Solène :
"Mémoires sonores" - Radio Relativa





